LES TRAITS DE L’EXTINCTION

LES TRAITS DE L’EXTINCTION

LES TRAITS DE L'EXTINCTION - Lecture de corps

Lara Dopff

Le parcours à travers les arts, deux recherches, donner vie, créer. Claire Gohard prélève, effectue les actes primaires, mène la peau de sa première mort à la création, elle retire la vie, la marque du sang, les graisses puis des couleurs vives les odeurs, puis elle insuffle une seconde vie, elle donne naissance, effectue les actes de la création. Art total, elle prélève le cuir et donnera naissance au vélin, elle nommera la matière de sa création, lui insufflera la vie au moment, où, ayant choisi leur iris, elle leur rendra le dernier sens, le regard. Des arts plastiques à la Danse, en passant par la musique, Claire Gohard se fait réceptacle afin de préserver l’art si rare qui consiste à faire de nos corps morts, des mues, de nos enveloppes, une naissance, soit une œuvre de vie. Lara Dopff écrit le corps, ingère le corps, le parcourt, décompose, tanne le vélin des stigmates de l’écriture, de la gravure, elle sécrète les fresques, teintes fraîches, elle ingère les essences, en teinte la nécessité de ses poèmes. La mort, la vie, la naissance, les aubes et les aurores, chaque mue du corps, sont ces instants de soubresaut de murmure et d’évidence. L’espèce la poursuit, elle quête ses actes primaires, ses essences et ses pertes, elle pleure l’extinction, constate l’absence des morts, elle s’adonne à la recherche du sens.
L’acte, les actes de Claire Gohard furent à ses yeux comme notre mémoire, le souvenir de ce que nous fûmes. Claire Gohard nous apprend l’espèce, nous rappelle l’espèce, perpétue l’éveil des sens. De ces actes, Lara Dopff murmure la naissance du sens.
Violence de cette rencontre, aux confluents des arts, deux écritures, se firent audibles, en écho se tisse l’acte du poème (extrait de l’ouvrage Les traits de l’extinction -morceaux choisis-, auteurs : Lara Dopff, Claire Gohard à paraître en septembre 2017 aux Éditions Phloème).
© Sitelle Torchepot, Éditions Phloème, Muséum d’Histoire Naturelle de la Ville du Havre

Claire Gohard : « Je travaille la peau, enveloppe de vie et poussière mortelle. Création à deux corps. Partition libre, suite précise pour fin naturelle. » Après avoir suivi le Conservatoire de Danse Contemporaine d’Angers, Claire Gohard est devenue Taxidermiste au Muséum d’Histoire Naturelle de la ville du Havre depuis quatre ans. La taxidermie fut un hasard. Il y a six ans elle rentre dans une boutique parisienne remplie d’animaux naturalisés. Ses souvenirs d’enfance refont surface et le monde de la taxidermie avec. C’est le déclic et la forte envie d’en faire son œuvre de vie désormais.

Texte pour ouvrir la notion de taxidermie :
Arranger la peau. Taxi- derma.(grec)
La taxidermie est pour moi un art artisan. Un vaste métier où tous les sens sont en éveil.
Il reste encore poussiéreux pour certains et j’aime à souffler dessus.
La mystérieuse taxidermie est un moyen parmi d’autres de sauvegarder la nature.

Lara Dopff : Après avoir étudié et pratiqué les Arts dramatiques en France et au Québec et avoir effectué un Master de Création littéraire à l’Université du Havre, Lara Dopff écrit. Elle est poète, et a fondé une maison d’édition. Elle se consacre à l’errance et à ses carnets. Elle est l’auteur d’un recueil de poèmes en dix livrets (l’arbre de nerfs – Carnets I à VII -, Éditions Phloème 2015, l’arbre de nerfs – Carnets VIII, IX, X – Naxos, Grèce -, Éditions Phloème 2016), ainsi que d’une déambulation poétique au sein de la ville du Havre (Avoir un havre, Éditions Phloème 2016). En de longs poèmes scandés, qui sont comme des chants, l’arbre du corps raconte ses racinements et ses déracinements, en parcourant les montagnes et les mers, au long de la découverte d’un autre corps, et de la quête d’un autre pays (poèmes de montagne et d’eau, Péloponnèse, en préparation).

Mise en espace : François Bizet ; Auteur dramatique, metteur en scène. Le Chant d’un oiseau, éditions Christophe Chomant, Les amours Blanches et autres monologues féminins, édition de l’aiguille, 2015.
François Bizet est un auteur passionné, metteur en scène et enseignant perpétuel, sa vie fut théâtre, songe de scène, recherche permanente de l’acte d’écriture.

Claude Ber

Claude Ber

Claude Ber

Mardi 10 octobre – 18h30 – 20h
Bibliothèque de Sotteville-les-Rouen
le site de Claude Ber

née à Nice en 1948, vit à Paris. Principalement poète et auteur dramatique, elle a publié une quinzaine de livres, auxquels s’ajoutent de nombreux livres d’artistes, publications en anthologies et en revues. Elle a obtenu le prix Yvan Goll, prix international de poésie francophone pour La mort n’est jamais comme (l’Amandier, 2006).

Je passerai mon besoin de lumière au ressassement de la langue jointe grain par
grain à elle-même
à démêler la filasse noueuse des bouées
à tondre la plume des oisillons pour un duvet d’innocence
mais ce que j’invente ainsi de ma vie a déjà eu lieu
il lui reste l’éternité pour se défaire
demain s’en va pour me rejoindre
ici maintenant un corps penché à la fenêtre
écoute la nuit
son besoin de lumière en elle
s’assouvit

Claude Ber Epître Langue Louve
l’Amandier, 2015

Dernières publications  :
  • Epître Langue Louve, L’Amandier, 2015
  • Il y a des choses que non, Bruno Doucey, 2017
François Bizet

François Bizet

François Bizet

Auteur dramatique, metteur en scène.
François Bizet est un auteur passionné, metteur en scène et enseignant perpétuel, sa vie fut théâtre, songe de scène, recherche permanente de l’acte d’écriture.

Dernières publications  :
  • Le Chant d’un oiseau, éditions Christophe Chomant,2009
  • Les amours Blanches et autres monologues féminins, édition de l’aiguille, 2015
François Brajou

François Brajou

François Brajou

samedi 30 septembre – 18h
Jardin des Plantes, Rouen
Association Arts Résonances

né en 1989, poète sourd et comédien, il s’exprime en langue des signes française depuis son enfance.
Formateur de Langue des signes et diplômé de traducteur Français/LSF (Centre de Traduction, d’Interprétation et de Médiation linguistique). Il crée en langue des signes et participe aux travaux du laboratoire de traduction et création poétique en langue des signes, laboratoire initié par l’association Arts Résonances fondée par Brigitte Baumié (elle-même initiatrice de l’ouverture des festivals de poésie, notamment à Sète sur la langue des signes) et Michel Thion.
Il fait partie de l’anthologie Les Mains fertiles, 50 poètes en langue des signes (éd. Bruno Doucey, 2015)

Dernières publications  :
  • Les Mains fertiles, 50 poètes en langue des signes , éd. Bruno Doucey, 2015
Ludovic Degroote

Ludovic Degroote

Ludovic Degroote

samedi 30 septembre – 14h-30
Jardin des Plantes, Rouen

Né en 1958, habite près de Lille. Auteur d’une quinzaine d’ouvrages, il publie régulièrement des articles critiques et contribue à de nombreux livres d’artistes. Il a reçu le prix des découvreurs en 2005. Parmi ses derniers livres parus : Zambèze aux éditions Unes (2015). Ses livres interrogent la place de l’intime à partir d’expériences personnelles, de lieux géographiques ou de la proximité avec l’art.

Lors d’un entretien il confie écrire depuis l’adolescence, et ignorer comment l’envie lui est venue. Ses raisons d’écrire il ne les connait pas, « sans doute quelque chose dedans, là où ça fait mal, qui empêche d’être au calme, d’être serein. »

Dernières publications :
  • Langue trou, dessins de Céline Guichard, Paris, Les Inaperçus, 2016
  • zambèze, Nice, France, Éditions Unes, 2015
  • josé tomás, Nice, France, Éditions Unes, 2014
  • Monologue, Seyssel, France, Champ Vallon, 2012
  • Jean Rustin, avec François-Marie Deyrolle, Jean Clair, Henri Cueco, Besançon, Éditions Virgile, coll. « Carnet d’Ateliers », 2011, 79 p.
  • Autoportrait noir : une lecture d’Eugène Leroy, Ennetières-en-Weppes, France, Éditions Invenit, coll. « Ekphrasis », 2010, 32 p.
  • Temps mort, Gigondas, France, Atelier des Grames, 2010
  • Le Début des pieds, Saint-Pierre-la-Vieille, Atelier La Feugraie, 2010, rééd. 2012, 115 p. – prix des Découvreurs de Poésie 2013